L'essentiel en 30 secondes

La médecine prophétique accompagne très bien une personne épileptique, à côté du traitement que lui prescrit son neurologue. La roqya apaise le malade et sa famille, la nigelle et le miel soutiennent son organisme, la talbina relève son moral, et le rythme de vie de la Sunna, avec un coucher tôt, des repas réguliers et le dhikr, éloigne la fatigue et le stress qui favorisent les crises. Le Prophète ﷺ a promis le Paradis à une femme épileptique qui patientait, et il a ordonné de se soigner, si bien que le malade peut associer sans hésiter les deux médecines.

Une femme est venue voir le Prophète ﷺ parce qu'elle faisait des crises d'épilepsie et qu'elle se découvrait pendant ses crises. Il lui a proposé de patienter en échange du Paradis, ou d'invoquer Allah pour sa guérison, et elle a choisi la patience (Al-Boukhari, n° 5652, et Mouslim, n° 2576).

Le Prophète ﷺ a ordonné de se soigner, et la médecine prophétique offre aujourd'hui au malade épileptique des remèdes, des invocations et une hygiène de vie qui l'aident à mieux vivre avec sa maladie, en complément du traitement de son neurologue.

Que peut apporter la médecine prophétique à une personne épileptique ?

Le neurologue s'occupe des crises avec les antiépileptiques, et ces médicaments permettent à près de sept malades sur dix de vivre avec peu ou pas de crises. La médecine prophétique prend soin de tout ce qui entoure la maladie, c'est-à-dire le sommeil, la fatigue, le stress, le moral, la foi du malade et la peur de la prochaine crise, autant de choses qui pèsent lourd au quotidien et que l'ordonnance ne règle pas à elle seule.

Le malade garde donc son traitement, et les conseils de la Sunna s'y ajoutent pour fortifier son corps, apaiser son cœur et donner un sens à son épreuve.

Comment faire la roqya pour une personne épileptique ?

On conseille la roqya en premier, parce qu'elle apaise le malade, rassure sa famille et remet la guérison entre les mains d'Allah, qui dit « Nous faisons descendre du Coran ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants » (sourate 17, verset 82).

Vous pouvez la faire vous-même chaque jour, sur votre enfant, votre conjoint ou vous-même, au calme et en dehors des crises. Posez la main sur le malade, récitez la Fâtiha, le verset du Trône et les sourates Al-Ikhlâs, Al-Falaq et An-Nâs en soufflant légèrement après la lecture, puis terminez par l'invocation que le Prophète ﷺ disait sur les malades de sa famille.

اللَّهُمَّ رَبَّ النَّاسِ، أَذْهِبِ الْبَاسَ، اشْفِهِ وَأَنْتَ الشَّافِي، لَا شِفَاءَ إِلَّا شِفَاؤُكَ، شِفَاءً لَا يُغَادِرُ سَقَمًا

« Allâhumma rabba n-nâs, adhhib il-ba's, ichfihi wa anta ch-Châfî, lâ chifâ'a illâ chifâ'uk, chifâ'an lâ yughâdiru saqamâ » — ô Allah, Seigneur des hommes, fais disparaître le mal et guéris-le, Tu es Celui qui guérit, il n'y a de guérison que la Tienne, une guérison qui ne laisse aucune maladie.

— Al-Boukhari n° 5743, Mouslim n° 2191

Le soir, faites réciter au malade les trois sourates protectrices dans ses mains avant qu'il les passe sur son corps, comme le Prophète ﷺ le faisait chaque nuit (Al-Boukhari, n° 5017). Ce moment calme prépare au sommeil, et une personne épileptique qui dort bien fait moins de crises.

Remèdes prophétiques conseillés en cas d'épilepsie

1. La nigelle

La nigelle, la habba sawda, est le grand remède de la médecine prophétique, puisque le Prophète ﷺ a dit qu'elle contient une guérison pour toute maladie, sauf la mort (Al-Boukhari, n° 5688). Elle a aussi donné des résultats encourageants chez des enfants épileptiques. En 2007, des neurologues iraniens ont ajouté un extrait de nigelle au traitement de vingt enfants dont les crises résistaient aux médicaments, et ces enfants ont fait moins de crises pendant la période où ils prenaient la nigelle.

Comptez 1 à 3 grammes de graines par jour, soit environ une cuillère à café, ou une à deux cuillères à café d'huile de nigelle pressée à froid. Signalez-la à votre neurologue, comme tout ce que vous ajoutez à votre traitement.

2. La talbina

La talbina, une bouillie d'orge cuite dans du lait, relève le moral du malade et de ses proches. 'Âisha la conseillait aux malades et aux personnes éprouvées, en rapportant que le Prophète ﷺ disait qu'elle repose le cœur du malade et enlève une partie de la tristesse (Al-Boukhari, n° 5689, et Mouslim, n° 2216). Une personne épileptique vit souvent avec l'inquiétude de la prochaine crise, et un bol de talbina le matin lui apporte un réconfort simple, tiré directement de la Sunna.

3. Le miel

Le miel, dont Allah dit qu'il contient une guérison pour les gens (sourate 16, verset 69), complète ces remèdes. Prenez-en une cuillère le matin dans un verre d'eau tiède, ou mélangez-le aux graines de nigelle, pour soutenir un malade que les médicaments fatiguent souvent.

Le Professeur Akim adapte ces remèdes prophétiques, leurs quantités et la durée du traitement à chaque malade, en tenant compte de son âge et des médicaments qu'il prend déjà.

Soigner son hygiène de vie pour limiter les crises

Le rythme de vie de la Sunna protège directement la personne épileptique, parce que le manque de sommeil, la fatigue, le stress et l'oubli des médicaments comptent parmi les facteurs qui déclenchent le plus souvent les crises.

  • Couchez-vous tôt : le Prophète ﷺ n'aimait pas dormir avant la prière d'al-'Ichâ' ni veiller en discutant après elle (Al-Boukhari, n° 568), et ce rythme donne au malade les nuits complètes et régulières dont son cerveau a besoin.
  • Mangez à heures fixes et sans excès, en suivant le conseil du Prophète ﷺ de garder un tiers de l'estomac pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration (At-Tirmidhî, n° 2380). Des repas réguliers évitent les coups de fatigue et les baisses de sucre.
  • Apaisez le stress par la prière, la lecture du Coran et le dhikr, car « c'est par l'évocation d'Allah que les cœurs se tranquillisent » (sourate 13, verset 28).
  • Prenez vos médicaments à heure fixe, avec une alarme ou un pilulier, avec la même régularité que vos prières.

Que faire pendant une crise d'épilepsie ?

La plupart des crises s'arrêtent d'elles-mêmes au bout de quelques minutes. Gardez votre calme et suivez ces gestes, que recommande le portail gouvernemental Mon parcours handicap.

  1. Regardez l'heure au début de la crise, car sa durée compte pour le médecin.
  2. Éloignez les objets dangereux et glissez un coussin ou un vêtement plié sous la tête de la personne.
  3. Laissez faire les mouvements sans les retenir et ne mettez rien dans sa bouche.
  4. Quand les secousses s'arrêtent, placez-la sur le côté, en position latérale de sécurité.
  5. Couvrez-la si ses vêtements se sont défaits, puisque c'était justement l'inquiétude de la femme du hadith.
  6. Restez près d'elle, parlez-lui doucement et récitez sur elle pendant qu'elle reprend ses esprits.

Appelez le 15 ou le 112 si la crise dure plus de cinq minutes, si la personne ne reprend pas connaissance, si elle s'est blessée ou s'il s'agit d'une première crise.

Peut-on jeûner le Ramadan quand on est épileptique ?

Oui, lorsque le malade peut prendre ses médicaments au sahour et après la rupture du jeûne, comme l'expliquent les savants d'Islamweb (fatwa n° 40067). Voyez votre neurologue quelques semaines avant le mois pour qu'il adapte les horaires des prises. S'il vous déconseille de jeûner, vous rattrapez vos jours plus tard, puisque Allah a dispensé le malade (sourate 2, verset 184).

Trouver un accompagnement sur Sagesse au Naturel

Le Professeur Akim Bouterra accompagne les malades en médecine prophétique depuis plus de trente ans. Vous remplissez d'abord un questionnaire détaillé, dans lequel vous décrivez votre maladie et vos traitements, puis il étudie votre dossier et vous remet un protocole écrit avec les remèdes, leur posologie, le moment de prise et la durée. Son naturopathe, Billal Mathieu, vous explique comment l'appliquer, et vous faites le point ensemble lors d'un second rendez-vous pour des ajustements.

Cet accompagnement vient en complément de votre neurologue. Si la peur des crises ou le regard des autres vous pèsent, un conseiller en psychologie islamique vous aide aussi à retrouver confiance.